lundi 6 août 2012

rapport de l'INSERM sur l'Ostéopathie

A lire par l'intermédiaire du Site de l'Ostéopathie, le rapport de l'INSERM sur l'Ostéopathie

Rappel: INSERM= Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale

MORCEAUX CHOISIS: attention, ces extraits ne constituent en aucun cas un jugement porté sur ce rapport. Il s'agit d'extraits qui m'ont particulièrement attiré au cours de ma propre lecture. J'invite toute personne qui veut se faire un avis sur ce rapport à le lire en intégralité. J'invite toute personne qui voudrait m'exprimer son avis et/ou débattre du contenu de ce rapport à me contacter par e-mail de manière privée.

  • page 6: "Nous allons lire dans les pages qui suivent une synthèse des informations relatives à l’efficacité et à la sécurité de l’ostéopathie. Ces informations seront tirées soit de la littérature médicale scientifique nationale et internationale soit de la littérature spécialisée destinée aux professionnels. Ce corpus sera ensuite analysé et critiqué par deux experts spécialisés dans l’évaluation du médicament. Le document se terminera par une conclusion."

  • page 25: "- Le rapport de la commission ostéopathie de l’ordre des masseurs kinésithérapeutes définit ainsi l’ostéopathie « Le masseur-kinésithérapeute ostéopathe exerce l’ostéopathie dans un but thérapeutique ou non, [...], notamment au moyen de techniques éducatives, ostéopathiques, manuelles, d’agents physiques et de techniques instrumentales** ». Alors que les ostéopathes exclusifs définissent l’ostéopathie comme une pratique uniquement manuelle excluant les techniques instrumentales."
    "-Le Syndicat de Médecine Manuelle-Ostéopathie de France explicite sur son site les différences entre un médecin ostéopathe et un ostéopathe non-médecin ainsi : « D’abord, il existe une différence de formation [...] En outre, la pratique est différente entre les médecins utilisant surtout des techniques aux résultats éprouvés (pour traiter la colonne et les membres) et les non-médecins qui pratiquent plus souvent l’ostéopathie crânienne et viscérale [...] Par ailleurs, les médecins ont à leur disposition tout l’éventail de prescription diagnostique et thérapeutique. Enfin les médecins sont soumis aux obligations sévères du Code de Déontologie médicale et contrôlés par le Conseil de l’Ordre des Médecins".

** rappel de l'article 1 du décret 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d'exercice de l'ostéopathie: "les praticiens justifiant d'un titre d'ostéopathe sont autorisés à pratiquer des manipulations ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain […] Ces manipulations sont musculo-squelettiques et myo-fasciales, exclusivement manuelles et externes. […] Pour la prise en charge de ces troubles fonctionnels, l'ostéopathe effectue des actes de manipulations et mobilisations non instrumentales, directes et indirectes.

  • page 25-26: "le syndicat professionnel des médecins ostéopathes français soutient l’ostéopathie viscérale et l’ostéopathie crânienne. « L'ostéopathie crânienne peut être utile pour traiter certaines douleurs de la tête, certains troubles ORL (vertiges positionnels), les conséquences d'une mauvaise dentition, les suites de traumas de la tête et du cou. Elle est particulièrement recommandée pour les bébés ayant eu une naissance difficile ayant déformé la tête."

  • page 35: "Il est très difficile de recenser les essais cliniques non effectués dans un cadre hospitalier. De petits essais randomisés sont effectués par les ostéopathes mais restent peu visibles par la communauté scientifique et médicale car ils ne sont pas publiés (mémoires de stages) ou publiés uniquement dans les revues d’Ostéopathie"

  • page 41: METHODOLOGIE "La méthodologie s’appuie principalement sur une revue systématique des essais comparatifs randomisés évaluant des traitements ostéopathiques.Nous avons interrogé la base de données MEDLINE, via le moteur de recherche PUBMED jusqu’au 1er aout 2011. Cette base de données est la base de référence pour les travaux de recherche d’audience internationale dans le domaine biomédical. L’interrogation se composait de la requête : « osteopathic [TIAB] | manipulation, osteopathic [mesh] | Osteopathic Medicine [mesh] | Hospitals, Osteopathic [mesh] | Osteopathic Physicians [mesh] ». Les listes de références citées dans les articles sélectionnés ont été consultées." page 42: "Cette liste a ensuite été complétée par une interrogation des revues Cochrane de la Cochrane database of systematic reviews évaluant l’ostéopathie". "Enfin, par souci d’exhaustivité, et compte tenu du fait que la littérature médicale scientifique internationale impose des critères d’excellence décourageant nombre de cliniciens pourtant soucieux d’évaluer leurs pratiques, nous avons étendu notre sélection à la littérature publiée dans les réseaux spécialisés. Pour cela nous avons pris contact avec des responsables associations ostéopathiques, d’écoles et de DIU afin qu’ils puissent nous faire part des documents qu’ils jugent informatifs sur l’évaluation de l’ostéopathie."

  • page 134: "Deux articles décrivent la possibilité d’effets iatrogènes de la thérapie crânio-sacrée (Greenman and McPartland 1995) (McPartland 1996) chez sept patients ayant été traités par des ostéopathes. Les événements indésirables décrits impliquaient maux de tête, vomissements, diarrhées, palpitations cardiaques, troubles psychiatriques, hypopituitarisme, une fausse couche et deux cas d’opisthotonos. Trois de ces patients avaient été traitées par thérapie crânio-sacrée dans le cadre d’un programme de réhabilitation suite à des traumatismes crâniens (Greenman and McPartland 1995), trois avaient été manipulés par des étudiants en formation (McPartland 1996) et la patiente ayant fait une fausse couche était traitée pour des douleurs cervicales et lombaires suite à une chute. Ces séries de cas étaient peu documentées et aucune lésion n’est montrée pour expliquer les signes et symptômes.

  • pages 134-135: "les manipulations vertébrales notamment du rachis cervical sont à l’origine des complications les plus sévères (Registre des Ostéopathes de France 2005; Morichetti and Meslé 2009) (Vautravers, Isner et al. 2011).
    Des rapports de cas cliniques (Davis 1985; Kponkton, Hamonet et al. 1992) (Tinel, Bliznakova et al. 2008), (Assendelft, Bouter et al. 1996) (Di Fabio 1999) et des études publiées dans des revues françaises (Lecocq and Vautravers 1995) (Egizii, Dupeyron et al. 2005) (Dupeyron, Vautravers et al. 2003) attestent de la réalité et la gravité des accidents après manipulation vertébrale ostéopathique. Il s’agit d’accidents ostéo-articulaires (hernies discales, cervicales, fractures, luxations, entorses), d’accidents médullaires ou radiculaires et d’accidents vasculaires cérébraux pouvant être mortels. Cependant il existe trop peu d’études examinant la sécurité des manipulations ostéopathiques pour permettre une évaluation de la fréquence de ces accidents. Au contraire, la littérature scientifique et médicale abonde d’articles concernant les accidents après manipulation vertébrale effectuées par des chiropraticiens, physiothérapeutes, médecins…. Ces études de cohortes, enquêtes rétrospectives, études cas-témoins permettent d’estimer les caractéristiques, la fréquence et les facteurs de risque des complications des manipulations vertébrales.
    Il est vrai que la manière d’exercer les manipulations vertébrales diffère avec la profession du praticien. Selon les écoles (médicales, chiropratiques, ostéopathiques) les impulsions impliquées dans ces manipulations vertébrales sont définies comme forcées ou non forcées, en deçà ou au delà de leur jeu physiologique (Ludes 2007) et par la longueur du bras de levier (Maigne and Vautravers 2003)."

  • page 135: "La définition des termes « manipulations vertébrales » ne recouvre pas toujours la même signification selon les auteurs et peut prendre un sens plus ou moins générique (KCE 2010). Pour les uns, ce terme englobe l’ensemble des thérapies manipulatives vertébrales regroupant une multitude d’approches thérapeutiques (techniques de tissus mous, mobilisations, manipulations avec impulsion...). D’autres réservent ce terme à la manipulation avec impulsion de très faible amplitude et de très haute vélocité (HVLA), exercées sur un segment spinal spécifique."

  • page 150:"Le risque d’accident post-manipulation grave est considéré comme faible mais réel."

  • pages 157-158: "La commission pédiatrie de l’Académie d’Ostéopathie de France a été sollicitée, à la demande du Registre des Ostéopathes de France pour constituer un groupe de travail pluridisciplinaire » chargé d’effectuer une analyse critique des risques attribués au traitement ostéopathique du nourrisson dans le but de rédiger des recommandations de bonnes pratiques [...]. Dans la littérature anglophone et francophone, les auteurs n’ont trouvé aucun rapport d’incident attribué aux techniques ostéopathiques sur des nourrissons. Les deux compagnies d’assurance AXA France et la Médicale de France ont répondu ne pas avoir identifié de dossiers de sinistres concernant des actes d’ostéopathie réalisés sur les nourrissons de 0 à 9 mois. Ce qui, comme le précisent (Stubbe, Meslé et al. 2006), n’exclut pas le fait qu’il puisse exister de tels dossiers au sein d’autres compagnies d’assurances. A partir d’une extrapolation des résultats de leur enquête téléphonique à leur fichier source (ostéopathes exclusifs du ROF, du SFDO et/ou de l’UFOF), les auteurs ont estimé le nombre de nourrissons de 0 à 9 mois traités en 2005 à environ 217 000 et le nombre total de séances à environ 470 000."